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ZWEIG Stefan : La confusion des sentiments

 

LA CONFUSION DES SENTIMENTS

 

"La plus belle fois qu'on m'a dit "je t'aime" 

C'était un mec qui me l'a dit. 

(…)

Pendant qu'il me regardait 

Ça flanchait dans mes yeux 

Et plus il me regardait 

Plus mon pouls sonnait creux 

Le coeur comme un marteau 

La tête comme un pourquoi 

J'étais mal dans ma peau 

Pourtant, il y avait pas de quoi 

Pourtant il m'a pas fait du plat 

Comme un mec avec une nana 

J'ai fait celui qui veut rien entendre 

J'ai fait celui qui veut pas comprendre 

Et j'ai bredouillé quelques mots 

Des trucs qui sonnaient un peu faux 

Du style moi aussi je t'aime bien 

Tout le monde ici, tous les copains 

J'me suis senti con ce jour-là 

De pas être comme lui, d'être comme moi 

(…)

A chacun son amour 

C'est pas le mien, voilà tout. 

Aimer les filles ou les garçons 

Aimer, c'est aimer de toute façon 

Mais... 

La plus belle fois qu'on m'a dit "je t'aime" 

C'était un mec qui me l'a dit. "

( Francis LALANNE)

 

 

Comment est-il possible d’aller aussi loin, avec autant précision et de finesse, de poésie et d’amertume, dans le descriptif des sentiments humains, si ce n’est en les ayant soi-même éprouvés au plus intime de son être ?

C’est avec beaucoup d’humilité que je rédige cette critique, tant je sens que mes mots vont paraître fades après la lecture de ceux du Maître. Il m’aura donc fallu attendre tant d’années pour découvrir une plume si affutée, un univers si intime et tellement universel pourtant.

 

 Quand la passion vous étreint, mais qu’il vous faut la taire pour diverses raisons, quand l’interdit et le regard des autres sont plus forts que l’envie le jour, mais que l’envie est plus forte que tout la nuit, vous vous sentez comme dissocié. Blanc et noir. Honnête et malhonnête. Vis-à-vis de qui ? De vous-même peut-être ?

 

Ici, tout l’art de Zweig est de nous plonger à la fois dans les passions des uns et des autres, mais dans tous les tourments violents qu’elles entrainent. Amours des hommes pour d’autres hommes : amours fantômes qui hantent la nuit par leurs errances. Amours interdites, amours tues et amours qui tuent à petit feu, du feu de la passion maudite… amours suspectes, amours inédites et amours contredites, amours adultères, amours intellectuelles… Amours autopsiées jusqu’à la moindre cellule, même quand il ne reste plus que des cendres.

 

Pour toutes ces descriptions qui sont autant d’hymnes à l’amour, j’ai vibré au-delà du raisonnable. Je ne sais plus lire normalement, je deviens l’encre de chaque mot, incrédule je relis les phrases, à la moindre virgule, je bascule dans le temps, je visualise chaque scène décrite avec une acuité exacerbée… je ne lis pas, je ressens. Violemment.

 

Mais lisez ou relisez Zweig, je vous y exhorte ! Exhumez-le des bibliothèques, jetez vos téléphones portables, éteignez vos ordinateurs, laissez tomber Babelio le temps de l’aventure, mais lisez-le avant de mourir, un titre au moins !

 

J’étais rentrée en épousailles avec Daniel KEYES lors de la lecture de « Charlie, Algernon et moi », mais avec Stefan ZWEIG, je suis devenue le sang pulsé dans ses veines, j’ai carrément pénétré en son cœur, j’ai palpité avec lui, j’ai été confuse au plus haut point. Je me suis tapie dans l’ombre lors des grandes révélations de la fin, j’ai souffert pour l’autre homme, et pour la femme aussi. Simulacre du mariage, mirage. Il m’a achevée !

 

Si la réincarnation de Stefan ZWEIG existe en ce bas monde, je l’invite à venir m’apprendre l’art d’écrire et de décrire les sentiments humains avec autant de talent. Merci

 

 

Pour les paroles de cette magnifique chanson de Francis Lalanne, suivez le lien??????

 



01/11/2017
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