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SALMON François : Rien n'arrête les oiseaux

RIEN N’ARRÊTE LES OISEAUX

 

Quelle bonne nouvelle lorsque j’ai reçu le mail de BABELIO : j’allais recevoir ce recueil de nouvelles de François Salomon. Je remercie infiniment les Éditions Luce WILQUIN et l’opération Masse Critique, car les nouvelles sont bonnes !

 

Du moins, elles m’ont plu, à moi qui en lis rarement.

 

Rien n’a arrêté les oiseaux, en effet, ils se sont perchés bien haut, comme certaines de ces histoires. Mais où l’auteur est-il allé chercher tout ça ? Dans la réalité, sans aucun doute, vu le nombre de clins d’œil à l’actualité, à Internet, à la biologie, la maladie, le handicap, la religion, la guerre, la psychanalyse ou autre.

 

L’auteur a su me surprendre, m’installer dans un décor que je croyais bien précis et d’un coup, m’emmener dans un ailleurs, dans un monde parfois onirique, un peu fantastique. Il m’a parfois totalement déstabilisée, amusée ou attristée, mais jamais laissée indifférente.

 

Le nom des courants d’air : un petit vent de folie passe chez un jardinier solitaire et bio quand une belle se retrouve dans son potager au milieu des artichauts ! Le hasard. Un thème qui m’est cher. La chute est surprenante, et j’ai adoré me faire surprendre tout en apprenant un peu de météo, le nom de certains vents est surprenant !

 

Des amours : Dans tous les coins du monde, des histoires d’amour se tissent, et de certains détails qui tuent, l’auteur fait un délice… enfin, pour expliquer habilement comment ces histoires se terminent. Surprenant ! (Réaliste ?) J’ai grincé !

 

Sur le champignon : Tout est question de champignons, mais la morale est d’une bien triste réalité, quand la course à la notoriété guide des chercheurs en microbiologie. Laurent réussira-t-il à faire la présentation de ses recherches sur la génomique fonctionnelle de Mycoplasma genitalium lors du colloque international de Steinberg-am-Main ? Il appuie sur le champignon, pas pour ce que l’on croit. Vous allez halluciner à la fin de l’histoire !

 

Les lois de la pesanteur : très courte nouvelle où l’art m’a plongée en apesanteur ! Quand une artiste entasse dans son atelier tous les livres qu’elle possède depuis son enfance, déjà, je rêve d’y être invitée ! Mais ensuite, elle réserve bien des surprises à son voisin du dessous, Thierry. Arlette réalise des œuvres d’art bien spéciales, et comme les oiseaux, elle est bien perchée elle aussi. J’ai adoré !

 

Interlude : cette page est réellement un interlude avant la suite ! Hommage à Gainsbourg et son néologisme Anamour

 

Œdipe comédie : la perte d’emploi vous plonge en dépression, triste réalité, sur fond de vivisection. Mais plus encore, le fait d’avoir été quitté par l’être aimé. Allo, Docteur, je voudrais prendre RDV. Jean-Louis Petit est un bon psy. Il va écouter l’histoire de cette mortelle randonnée. Malgré quelques phrases très drôles, j’ai un peu moins accroché.

 

Les listes de Mathilde : qui ne fait pas des listes parfois pour juguler les caprices de la mémoire ? Mathilde y a recours quotidiennement, parfois aussi pour tuer le temps. Surprenant, mais pas transcendant.

 

Un truc incroyable : c’est le thème complet plus que sa narration qui m’a rendu cette nouvelle plus qu’agréable. L’inspiration de l’écrivain ! Joseph B. n’est pas écrivain, il les inspire, tant sa vie est une succession d’aventures plus abracadabrantes les unes que les autres. Sur sa carte professionnelle on peut lire : « Modèle Littéraire Vivant ». Que c’est drôle ! Les gens qui écrivent ont tous un Joseph B. dans leur entourage, non ?

Ma nouvelle préférée, avec « Le nom des courants d’air », car là aussi, bien perchés les oiseaux ! 

 

À pieds joints : cette nouvelle traite de plusieurs sujets graves, et elle est à la fois bouleversante et d’une originalité extraordinaire. Il est question d’amputation. Amputation physique, quand c’est une jambe qui vous manque. Amputation psychologique, quand c’est le pays qu’on vous a pris. David, le juif. Je ne connais rien à la Torah, mais Shabbat est bien narré. Rustam, l’Iranien, son passé, les guerres qui perdurent. Religion, conflits géopolitiques, souvenirs d’enfance, souffrances… douleurs du membre fantôme, douleur de l’âme fantôme, cette partie restée au pays.

Ce texte est d’une richesse et d’une profondeur incroyable, l’amitié et l’amour plus forts que tout pour résoudre les pires fléaux. Une femme, Cerise sur le gâteau !

Le recueil finit en beauté par cette nouvelle plus étoffée que les autres.

 

À lire absolument, dans l’ordre de votre choix. C’est un recueil que j’ai trouvé audacieux et moderne.

 

 

 



21/10/2017
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