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Le troubadour

LE TROUBADOUR

 

 J’avais bâti ma forteresse depuis bien des années,

Quand depuis ma tour d’ivoire j’ai cru voir arriver

Un troubadour des temps modernes, un poète

Qui sur son dos portait une jolie petite arbalète.

 

Sa flèche, tirée au hasard d’un récit bien abouti,

A atteint mon cœur pour me laisser si attendrie.

Le sujet était beau, le verbe était joli, le virtuose

M’avait émue au point de réveiller ma prose.

 

Pour cet homme racé aux messages chaleureux,

J’ai ouvert les cadenas de mes secrets sinueux,

De ma sensibilité exacerbée, de mon âme entière.

Je me suis fourvoyée et me sens bien trop amère.

 

Du maelström de mes écrits le poète n’a plus voulu.

Sur la grève je suis restée, pantin de bois vermoulu.

Les galeries à peine creusées m’ont laissée écorchée vive.

Le trublion semblait m’avoir trouvée bien trop vive.

 

Passionnée et confiante, j’avais délayé mes humeurs,

Pauvre inconsciente, tant de mots lui ont fait peur.

Meurtrie mais innocente, je suis remontée dans ma tour

Et j’ai refermé à jamais tous les cadenas à double tour.

 

                                                                                                                                                 

 



13/09/2017
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